Le diadème, symbolique forte au sein de Chaumet, perpétue le passé légendaire d’une Maison associée depuis sa création aux plus hautes sphères du pouvoir et incarne une féminité magique et universelle chère à Chaumet, la princesse. La Maison qui a réalisé depuis 1780 plus de 1500 diadèmes pour les monarchies et les grandes familles aristocratiques est réinvente sans cesse cette parure qui « attire le regard vers le haut du visage ». Le savoir-faire créatif de Chaumet se découvre dans les 700 maquettes de diadèmes en maillechort conservées place Vendôme. Les créations, chacune au goût du moment, en disent aussi long sur l’époque et ses contemporains qu’une analyse historique. Quelques anecdotes : Napoléon, qui a fait la gloire de Nitot, fondateur de Chaumet, commandait des bijoux d’exception afin de distinguer ses proches de la foule. Les joyaux sont en or, sertis de perles et de pierres précieuses. De diamants, surtout, « pour obtenir un effet d’éclat et de scintillement ».Plus tard, Jean-Baptiste Fossin et Jules Fossin remportent de grands succès avec leurs diadèmes et bandeaux de style naturaliste, en forme de guirlandes et de fleurs, de feuilles et de fruits rehaussés de topazes et d’émeraudes, des mouvements de noeuds et de rubans. Chez eux se croisent aristocrates, banquiers, princes russes, riches Américains... Les soirs de bal ou d’opéra, les cheveux s’ornent de fleurs, de plumes d’oiseaux de paradis, de colombes, de perroquets, de papillons, d’étoiles, d’épis de blé somptueux.Prosper Morel qui prend la relève crée dans le goût romantique des parures pour la princesse Mathilde, les duchesses de Mouchy, de la Pagerie, de Cambacérès, de Bassano. Dans les livres de dessins et de commandes, on trouve les noms des La Rochefoucauld, Luynes, d’Harcourt, Beaumont, Rothschild.À la fin du XIXe siècle, Joseph Chaumet, gendre de Prosper Morel, va porter la maison vers de nouveaux sommets. Passionné par les perles, il fait autorité en matière de rubis et pierres précieuses. Ses créations ravissent l’aristocratie, diadèmes aux motifs de feuilles de laurier pour la duchesse de Doudeauville, de feuilles de trèfle pour la duchesse de Luynes, de roseaux pour la duchesse d’Harcourt, font un triomphe.En 1905 Chaumet ouvre une boutique à Londres. Son grand client est le duc de Westminster. Deux ans plus tard, il s’installe 12, place Vendôme. Sous l’influence de Paul Poiret, la mode change. Pour aller avec les robes droites, l’aigrette s’impose. Lorsque les femmes se coupent les cheveux, Chaumet invente des bijoux qui focalisent le regard sur les yeux. Les lignes sont simples, les formes géométriques, les pierres calibrées, les thèmes d’inspiration extrême-orientale et égyptienne. Car la tombe de Toutankhamon vient d’être découverte. Marcel Chaumet, dés 1929, conçoit des bijoux de tête en diamants qui jouent plusieurs rôles. Ils se divisent en bracelet, collier, broche et clip pour attacher un voile ou orner les cheveux. À cause du couronnement de George V en 1935, toutes veulent des diadèmes. Celles qui n’en possèdent pas les empruntent. La comtesse de Bessborough prête le sien créé par Chaumet à Rose Kennedy, habillée par Molyneux, pour une réception à Buckingham Palace en 1938.